Le vol de véhicules, un fléau qui touche particulièrement la France
Si ce chiffre est en baisse par rapport à 2024 (-9%), une tendance préoccupante émerge : les réseaux criminels se sont organisés pour maquiller les véhicules volés, leur offrant une seconde vie sur le marché européen de l’occasion.
Le « maquillage » : une fraude industrialisée
Cette technique, mise en lumière par l’Observatoire des vols 2026 de Coyote Secure, consiste à supprimer toute trace d’identification du véhicule (numéro de série, VIN, gravage) et à lui attribuer une nouvelle immatriculation. Résultat : la voiture, une fois transformée, peut être revendue légalement comme un véhicule d’occasion classique.
« Avant, les voitures volées étaient soit démantelées pour leurs pièces, soit exportées vers l’Europe de l’Est ou l’Afrique via des ports comme Le Havre ou Rotterdam. Aujourd’hui, elles sont recyclées pour alimenter le marché de l’occasion », explique Stéphane Curtelin, directeur produits et marketing chez Coyote.
Des ateliers clandestins en Belgique et en Allemagne
En 2025, 40 % des véhicules volés traqués par Coyote ont été localisés dans des ateliers clandestins, principalement en Belgique et en Allemagne. Ces lieux, souvent dissimulés dans des hangars isolés ou derrière des garages anodins, servent à falsifier l’identité des voitures avant de les revendre en Europe.
Les 30 % restants transitent par des circuits d’export, notamment via le port de Rotterdam, pour être expédiés vers des destinations lointaines comme l’Afrique ou l’Europe de l’Est.
Un marché de l’occasion qui attire les criminels
Cette explosion du « maquillage » s’explique par la hausse de la demande en véhicules d’occasion, dans un contexte économique tendu. « Les consommateurs achètent moins de voitures neuves et se tournent vers l’occasion. Les malfaiteurs en profitent pour inonder ce marché », souligne Stéphane Curtelin.
Les modèles les plus ciblés sont ceux qui se vendent le mieux, à savoir les SUV (70 % des vols), ainsi que les véhicules hybrides qui représentent désormais un vol sur deux.
Parmi les modèles populaires, on retrouve les Peugeot 5008, Renault Clio, Peugeot 3008 et Toyota RAV4.

Le Rav4, ici dans sa version la plus moderne, est très prisé des voleurs
Des techniques de vol toujours plus discrètes
Les voleurs privilégient dorénavant des méthodes électroniques pour s’emparer des véhicules comme le Mouse jacking (vol à l'aide d'un ordinateur), l' attaque relais (copie de la carte à distance), ou par l’OBD.
Ces techniques permettent de déverrouiller et démarrer la voiture sans effraction, tout en neutralisant les systèmes de sécurité. Neuf vols sur dix sont aujourd’hui commis sans laisser de traces physiques, preuve que les sécurités mises en place par les constructeurs sont inutiles malgré les arguments marketings.
Une lutte complexe pour les autorités
Face à ce phénomène, les forces de l’ordre et les acteurs du secteur automobile renforcent leur collaboration. Pourtant, la tâche reste ardue : les réseaux criminels évoluent rapidement, et leurs ateliers clandestins, souvent cachés dans des zones reculées, rendent les enquêtes difficiles. Les vols de voitures ont encore de beaux jours devant eux...