Alfa Romeo voit ses ventes augmenter, mais son futur interroge
"Je vais bien, tout va bien" pourrait-on dire. L'autosatisfaction ou l'autocongratulation a toujours un parfum quelque peu spécial. Le groupe franco-italien Stellantis s'est ainsi félicité au travers d'un communiqué de presse, des résultats d'Alfa Roméo, une marque réputée, mais qui a totalement dévissé ces dernières années puisqu'au début des années 2000, elle enregistrait près de 220 000 unités et que la marque visait plus de 400 000 unités entre 2010 et 2020. Échec total.
Ainsi, quand la marque présente une hausse "historique" de ses immatriculations en 2025 en France avec +42% comparé à 2024 où la marque s'était contentée de 4 373 unités seulement, il y a de quoi rester perplexe. En effet, on parle de seulement 6 202 véhicules, un chiffre particulièrement faible, alors que la gamme compte quatre modèles : Stelvio, Giulia, Tonale et Junior.
Il est cependant vrai que la dynamique est plutôt positive. La marque se contentait en France de 2 372 unités (0,14% de parts de marché) en 2020, et a même descendu à 1 541 en 2021 (0,09%) avant de rebondir en 2023 avec 3 090 unités (0,2%). En 2025, la marque s'accapare ainsi 0,44% du marché. Pour autant, un seul modèle parvient à entrer dans le top 100.
Alain Descat, Directeur d’Alfa Romeo France, souligne : « Alfa Romeo Junior séduit aussi bien les Alfistes que de nouveaux clients. Grâce à ce modèle, la marque regagne une place centrale sur le marché français, devant certains de ses concurrents historiques. L’écosystème Alfa Romeo est en pleine expansion, et 2026 s’annonce prometteuse avec l’arrivée du nouveau Tonale et des offres renforcées, notamment sur Giulia. »
En 10 mois, en Europe, la marque a totalisé 52 000 immatriculations, tandis qu'à l'international, les immatriculations se comptent quasiment sur les doigts d'une main. Alors certes, la marque progresse, mais les années qui viennent risquent bien d'être compliquée. Car hormis le Junior, Alfa Romeo devra composer avec une gamme vieillissante, sans vraie nouveauté d'ici 2027.
Alfa Romeo Junior : seule lueur d'espoir
Lancé en 2024, Alfa Romeo Junior a marqué sa première année complète en France sur le segment des B-SUV Premium. Disponible en versions 100 % électrique (Elettrica et Veloce), hybride 2 ou 4 roues motrices, le modèle a conquis plus de 25 % du marché, avec 28,6 % des ventes en électrique sur l’année, et même 33,4 % au second semestre. L'offre est, il est vrai, plutôt restreinte sur ce segment, ce qui lui permet de tirer son épingle du jeu.
C'est d'ailleurs ce SUV qui représente la quasi-totalité des immatriculations avec, à lui seul, 4 573 unités, lui permettant de se classer à la 86ème place, avec une part de marché de 0,33%.
Giulia : la grande berline qui ne fait plus recette

La grande berline Alfa Romeo Giulia (4,63 mètres de long) lancée en 2016 (!) ne fait plus vraiment recette. En 2026, elle bénéficie d’une offre de location longue durée à partir de 399 €/mois (LLD 48 mois, 60 000 km, apport de 5 875 €) qui ne changera pas la donne. Alors que la présentation de sa remplaçante était prévue pour 2026, celle-ci a été repoussée d'un an ou deux.
Le Tonale légèrement restylé en 2026

Commercialisé depuis 2022, le Tonale restylé a été présenté en fin d'année dernière et arrive dans les concessions avant les Journées Portes Ouvertes des 17 et 18 janvier. Ce modèle se distingue par trois motorisations (hybride, hybride rechargeable de 270 chevaux) et diesel). Question design, il a eu droit à quelques modifications comme un porte-à-faux avant raccourci, des jantes 19 et 20 pouces, et de nouvelles teintes. Malgré tout, cela ne risque pas de changer radicalement son succès très relatif.
Le Stelvio toujours en souffrance
Arrivé en France en 2017, son remplacement était prévu pour la fin 2025. Seulement, comme pour la Giulia, ce dernier a été repoussé à 2027. Dur dur...